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Ce qui est, à mon sens, pure
miséricorde en ce monde, c'est l'incapacité de l'esprit humain à
mettre en corrélation tout ce qu'il renferme. Nous vivons sur une
île de placide ignorance, au sein des noirs océans de l'infini,
et nous n'avons pas été destinés à de longs voyages. Les sciences
dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont
pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la
synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des
perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable
que nous y occupons : alors cette révélation nous rendra fous, à
moins que nous ne fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier
dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge de ténèbres.
Call of Cthulhu est
inspiré des nouvelles de Lovecraft (1890-1937), l'écrivain
fantastique de Providence, en deux romans et dix-huit nouvelles
il a jeté les bases du récit d'horreur. Pour beaucoup, il est le
plus grand écrivain du domaine fantastique, de son imagination
est née un univers d'épouvante dominé par des dieux monstrueux
originaires de planètes lointaines. Dans ce monde, où l'Homme n'a
pas sa place, l'horreur est derrière le voile de la réalité
pourtant si
rassurante qui nous entoure.
Plusieurs nouvelles
de cet écrivain ont inspiré les développeurs : Le cauchemar
d'Innsmouth et Dans l'abîme du Temps pour ne citer que
les principales, mais d'autres apportent leurs petits
détails au jeu pour le rendre plus crédible comme L'Appel de
Cthulhu. Même s'il s'agit d'un transcription fidèle de
l'univers de Lovecraft dans un jeu vidéo, ne vous attendez pas à
une copie des histoires de Lovecraft, c'est avant tout une
histoire totalement originale à laquelle vous serrez confronté.
Ils sont descendus du ciel et
ont régné sur la Terre à une époque où l'Homme n'était encore qu'un
batracien. Ils ont été bannis hors de l'Espace et du Temps.
Depuis des millions d'années ils attendent. Ils savent ce que
nous pensons, ils inspirent nos cauchemars et nos cultes, Parfois
ils frôlent le seuil de notre univers et durant un bref instant
les Hommes entrevoient l'horreur absolue. Mais les grands Anciens
savent qu'un jour les étoiles reprendront la position propice
dans le cycle de l'éternité. Alors retentira l'Appel de Cthulhu
et sur toute la surface de la Terre, dans les immensités
lointaines et les lieux retirés, les adorateurs secrets
accompliront les rites immondes ; la terre tremblera, la cité
monstrueuse émergera des océans, les grands Anciens sortiront de
leurs sombres demeures. Et les hommes se mettront à hurler de
peur et de rage.
Call of Cthulhu
n'est pas un FPS comme les autres, c'est une descente aux enfers
où les morts vont s'accumuler sur votre route, tant de votre coté
que du coté des infâmes suppôts de Cthulhu. Indicible et
innommable, l'horreur est partout dans ce jeu, une menace
permanente aux dimensions démesurées : dans la brume
d'Innsmouth, dans le cadre si humain pourtant de l'usine de
Robert Marsh, sur un patrouilleur de la Navy, dans la cité sous la mer, l'angoisse est partout.
Plus d'un tiers du jeu se déroule sans arme, vous devez fuir pour
sauver votre vie, mais lorsque vous finirez par en trouver, il
vous faudra affronter des ennemis qu'aucun arme fabriquée par l'homme ne
peut vaincre.
Le
jeu débute lorsqu'un soir un policier de la ville de Boston, Jack Walters,
est appelé pour une étrange affaire : les membres d'une
secte
se seraient retranchés dans une maison et tirent sur les gens,
ils veulent parler à Jack uniquement. Dans cette demeure, vous allez faire une
découverte qui va bouleverser votre perception de la réalité.
Sans savoir ce qui s'est passé vous reprenez conscience 6 ans
plus tard...
Le joueur doit être
un peu désarçonné lorsqu'il se retrouve devant un FPS comme Call of
Cthulhu, car il n'y a
personne qui vous tient par la main pour vous aider à progresser
: pas de petite voix de femme dans la tête qui vous dit
exactement ce que vous devez faire, pas d'affichage à l'écran,
pas de trousse de soin miraculeuse qui vous retape simplement en marchant
dessus, pas de mystérieuse croix de visée flottant dans l'air.
Vous êtes dans un jeu réaliste et immersif comme on n'en voit que
trop rarement. Le personnage peut devenir fou, avoir des
hallucinations, être emprunt au vertige, être gravement blessé,
etc. Et tous ces états se traduisent à l'écran par des phénomènes
visuels ou dans les baffles par des hallucinations auditives, il
peut même aller jusqu'à se suicider. Pas question de vous soigner
en un clin d'oeil, il faut se mettre à l'abri, déballer sa boite
avec le nécessaire de soin et soigneusement réduire les
fractures, arrêter les hémorragies et recoudre les plaies. Si
vous n'avez pas le temps de vous soigner, il faudra avoir recours
à une injection de morphine, attention toutefois aux effets
secondaires et à l'accoutumance.
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